Rencontre avec nos intervenants #1 – Grégory Renaux

Gregory Renaux interview - Okasio

Dans une approche holistique, Grégory Renaux, thérapeute certifié RNCP, exerce la thérapie intégrative. En fonction des problématiques rencontrées dans les entreprises, il utilise différents modules que sont la sophrologie, l’hypnose, la psychologie positive et la méditation de pleine conscience pour répondre aux besoins. Découvrez son portrait et son travail en entreprise.

Comment avez-vous débuté la thérapie intégrative et qu’est-ce que cela vous a apporté ?

J’ai travaillé dans le public et le privé. Après avoir passé quelques années dans le public, je commençais à avoir une lassitude et une perte de sens. Comme je travaillais déjà dans les risques psycho-sociaux, j’ai commencé des études de sophrologie, d’hypnose etc. et je me suis reconverti. Je l’ai fait progressivement en réduisant mon temps de travail global, puis j’ai ouvert mon cabinet. Et comme ça marchait très bien, j’ai démissionné de la fonction publique. Aujourd’hui, je suis en pratique depuis 6-7 ans.

Pouvez-vous nous expliquer comment la thérapie intégrative agit sur le bien-être d’une personne ?

Ces pratiques ne sont pas des recettes miracles. Ça n’a pas forcément un effet immédiat. Cela peut avoir un effet sur le moyen-long terme si les personnes sont engagées dans leur thérapie d’accompagnement.

On va jouer sur la neuroplasticité. C’est un phénomène d’apprentissage. Si quelqu’un est stressé, au lieu de fumer quelques cigarettes ou de manger des bonbons, il peut réorienter — avec la psychologie positive par exemple — sa vision du monde. Et cela peut passer notamment par des exercices de respiration ou d’auto-suggestion qu’il a appris en séance

Un exemple concret : si vous vous réveillez tous les matins en vous disant « ça va pas, il fait moche dehors, la journée va être nulle », forcément dans votre journée, ça n’ira pas. Ça veut dire que le moindre incident qui, d’habitude passe, va devenir une montagne. On va magnifier un détail au lieu de regarder l’ensemble du tableau.

Il s’agit là du principe d’auto-suggestion, qui fonctionne dans les 2 sens. Aussi bien en positif qu’en négatif. Nous ne sommes pas dans le refus de la réalité, nous sommes dans l’acceptation.

Et le souci en Occident, c’est que tout est dans la tête et que ça ne descend pas dans le corps. On ne fait attention au corps que quand il dysfonctionne. « Je ne dors plus, j’ai mal à l’estomac, j’ai des problèmes aux intestins… » ce sont des maux que l’on retrouve fréquemment en entreprise. Les médecins m’envoient des salariés en pré-burn-out pour éviter de passer par la médecine médicamenteuse plus tard. Quelqu’un qui est pris en charge lorsque des premiers signes d’épuisement professionnel arrivent, en quelques mois, c’est résolu. S’il tombe dans un profond burn-out, c’est entre 3 et 5 ans de guérison.

En entreprise, à quel moment cette pratique peut intervenir ?

Il y a 2 situations dans une entreprise :

Dans un premier cas, les gens peuvent ressentir une perte de sens. Dans ces cas-là, la thérapie va même servir d’outil de coaching car on va leur donner des outils de développement personnel, mais aussi exercer de la psychologie positive, de l’hypnose, de la sophrologie, de la neurothérapie… C’est un ensemble d’outils qu’on leur donne, pour pouvoir se revaloriser, se redynamiser soit dans la même voie, soit en changeant de direction. 

L’idée c’est qu’ils ne s’enfuient jamais d’une entreprise, mais qu’ils en partent. Et s’ ils restent dans leur élément, il s’agit de leur donner des outils pour mieux résister à la pression, pour pouvoir se positionner, notamment pour les managers.

Dans le deuxième cas, ce sont des problèmes de motivation générale, de restructuration, de salariés en stress… notamment avec le confinement.

Qui fait appel à vous ?

Il y a les Ressources Humaines, les Comités d’Entreprise. Mais aussi des salariés classiques, des gens de l’administration, de la justice, des services hospitaliers, des gens dans le privé, des CAT (centres d’aides par le travail des personnes atteintes d’un handicap mental), des grands dirigeants et même des dirigeants de start-ups.

Concrètement, comment la thérapie intégrative peut-elle aider les salariés ?

Pour l’entreprise, cela aura toujours un but de productivité, de paix sociale. Mais la thérapie intégrative est là pour aider sur des problématiques de perte de sens, de motivation au travail et de productivité auprès des salariés. Au départ, certains services RH ou C.E proposent des ateliers de sophrologie car c’est une pratique qui commence à porter ses fruits dans les entreprises.

Les sessions collectives faites au départ au sein des entreprises, amènent par la suite des sessions individuelles, à la demande des salariés eux-mêmes. Ce qui se passe dans la séance ne concerne que ceux qui y participent. Si les RH veulent participer à la session, des sessions spécifiques seront mises en place pour eux.

Echanges importants pour connaître les interlocuteurs (jusqu’à 10 personnes en ligne)Partage d’outils de développement personnel et d’outils de relaxation dynamique en sophrologie (respiration, mouvements)Temps d’échanges en fin de séance Restitution et retours sur les exercices donnés Apprentissage de nouvelles techniques à faire dans le quotidien (outils de psychologie positive etc.) applicables immédiatement et ultérieurement Apprentissage de l’hypnose ou d’auto-hypnoseMise en pratique immédiate Déploiement dans l’entreprise et dans le quotidien des salariésDéveloppement de l’apprentissage et renforcement de la personnalité (revalorisation de soi) L’INTERVENTION ENENTREPRISE EN 4 PHASES L’INTERVENTION ENENTREPRISE EN 4 PHASES PHASE 1 PHASE 2 PHASE 3 PHASE 4

Est-ce que cette pratique est accessible à tous ou faut-il y être sensible de base ?

Concernant l’hypnose, cela n’a rien à voir avec ce qu’on voit  à la télévision où des personnes sont en perte de conscience et auxquelles ont fait faire n’importe quoi. 

L’hypnose, c’est un état qu’on a déjà naturellement dans notre quotidien. Vous pleurez/riez devant un film, vous loupez votre arrêt de métro car vous êtes plongé dans un livre, vous êtes pris dans ce que vous êtes en train de faire… C’est quelque chose qu’on fait tout le temps. L’hypnose juste est un état de conscience modifié.

Tout le monde est réceptif à partir du moment où il est volontaire.

Pour les exercices de respirations/mouvements, y a t-il des moments opportun pour un salarié, de les effectuer ?

Ce sont des exercices qui sont plutôt préconisés le matin, avant de partir au travail.

Mais aussi, au moment d’une pause dans la journée. Les salariés vont être coupés du travail le temps d’un instant avec des exercices d’étirements pour les troubles musculo-squelettiques, notamment quand on est devant un ordinateur.

Et aussi quand on rentre chez soi. On préconise des exercices de sas de décompression (exercices de respiration, mouvements et mini-méditation), pour laisser sa journée de travail derrière soi et éviter de ramener tout son stress au sein de sa cellule familiale, chez soi.

Donc on commence par de l’auto-suggestion avant de partir au travail, le matin. Au bureau, on a des outils qui permettent de se délasser, de prendre du recul afin de gérer son corps. Et ensuite, le soir quand on rentre chez soi, on a des exercices de sas, pour passer de sa vie professionnelle à sa vie privée.

Gregory Renaux citation - Okasio

Enfin, quels conseils donneriez-vous pour mieux gérer son stress quotidien au travail ?

Prendre du recul, mais c’est difficile car dit comme ça, ce ne sont que des mots. Et en vérité, les gens sont très impliqués dans leur travail. Donc l’idée, c’est d’être impliqué tout en ne l’étant pas. C’est-à-dire, pratiquer un mini-paradoxe : ne pas se prendre trop au sérieux tout en faisant sérieusement son travail.

Quand on rajoute du sérieux sur quelque chose qui est déjà sérieux, ça en devient ridicule et ça commence à alourdir la capacité à produire. Ça ne sert à rien de passer 12h au travail par jour. Le taux de productivité chute vite. Il vaut mieux finir plus tôt et s’occuper de soi, ainsi que s’octroyer des pauses entre 5 et 10 minutes toutes les 2 heures de travail. Et la productivité s’améliorera. Si vous faites une pause toutes les 2h, au bout d’une journée de travail de 8h, vous êtes beaucoup plus alerte sur ce que vous devez faire et beaucoup moins fatigué en fin de journée.

Il faut donc faire sérieusement son travail en étant plus léger. Être responsable sans se mettre la pression. Et si la pression est quand même présente de la part de la hiérarchie, alors c’est un autre problème. Les managers sont censés aider les salariés, pas mettre la tête sous l’eau. Il faut reconnaître que nous avons une limite : une limite physiologique (d’énergie) et une limite de temps (on se déconnecte à la fin de sa journée de travail).

Retrouver du sens, mieux gérer son temps et son énergie, travailler mieux et produire sont des moteurs essentiels dans les entreprises d’aujourd’hui. Les outils proposés par la  thérapie intégrative participent à combiner l’intérêt des travailleurs et la productivité de l’entreprise.

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Okasio

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